Tout savoir sur le prêt entre particuliers

Dans un système bancaire occidental actuel touché de plein fouet par les diverses crises, l’accès au crédit semble se verrouiller de plus en plus pour les emprunteurs particuliers. Pour palier à ce repli de l’offre, de nouvelles solutions de financement participatif émergent et tentent de se faire une place parmi les mastodontes bancaires en activité. Le prêt entre particuliers en fait parti.

Tout commence aux États-Unis

En lui-même, le prêt entre particuliers n’est pas une nouveauté. Depuis la nuit des temps, les humains se sont prêté de l’argent de main en main, avant l’apparition des premières banques de dépôt. Il faudra attendre le développement d’Internet et l’apparition outre-Atlantique du site Lendingclub.com en 2006 pour que l’idée fasse son nid. Fondé par un français, le site propose de mettre en relation emprunteurs et investisseurs particuliers pour le financement de projets personnels. Le site connaît un succès fulgurant aux États-Unis au point d’annoncer en mars 2014 que 4 milliards de dollars de prêts ont été distribués depuis le lancement.

Principe et fonctionnement

L’idée de Lendingclub est très proche de celle du « crowdfunding » que l’ont pourrait traduire pas « financement participatif ». Ce mode de financement est de plus en plus en vogue car il exclut le recours aux banques pour faire appel à l’esprit de solidarité de chacun. Pour que ce système soit viable, emprunteurs et investisseurs doivent chacun y trouver leur compte. L’emprunteur recherche généralement un prêt personnel compris entre 5.000€ et 35.000€ pour des projets tels que l’achat d’une voiture neuve ou des travaux à réaliser dans sa maison. Une simulation rapide sur le site permet d’avoir un aperçu du taux d’intérêt appliqué et des assurances spécifiques sont proposées. Comme dans tous les organismes de crédit, il devra fournir des preuves de ses revenus ainsi que d’autres documents qui attestent de ses bonnes conditions financières. La plateforme se charge de réceptionner ces documents et d’étudier le dossier du client avant de donner une réponse définitive. Les profils sont donc passés au peigne fin tout comme chez le banquier.

De l’autre côté, l’investisseur gère ses placements de la même manière qu’un plan d’épargne. Il souscrit à un fond qui lui promet un certain niveau de rendement annuel. Dans la grande majorité des cas, l’investisseur est une personne physique, même si des investisseurs professionnels (courtiers, traders, gérants etc.) peuvent s’inscrire sous conditions.

Depuis 2009 en France, la plateforme Prêt d'union a repris le concept du prêt entre particuliers pour l’appliquer dans l’hexagone. L’originalité et les valeurs du site (ex : pas de crédit revolving) ont attiré l’attention du public, des médias et des autorités financières puisque la plateforme a obtenu en 2011 l’agrément « établissement de crédit » par l’Autorité de Contrôle Prudentiel.

L’avenir du prêt entre particuliers

La technologie permet aujourd’hui de mettre en relation les personnes en temps réel et dans tous les domaines, il était donc inévitable que le phénomène des réseaux sociaux s’empare des secteurs bancaires et financiers. À terme, ces plateformes pourraient concurrencer réellement les établissements bancaires avec des taux d’intérêt compétitifs et l’argument de poids qui consiste à dire « Empruntez sans les banques ». Il est possible également de prévoir une concentration des activités bancaires annexes (comptes courants, banque en ligne, assurance vie, épargne, bourse etc.) et de voir se transformer les plateformes en véritables banques en ligne autorisées à distribuer des crédits aux particuliers.